Mourillon
vient du provençal mourre, le museau. Initialement, le Mourillon
s'étendait des zones marécageuses de l'embouchure de la
rivière eygoutier (Port Marchand) jusqu'à la corniche
du général De gaulle le long de la grande rade en passant
par La Mitre.
Avant
le XVIIIe siècle, il n'y avait que très peu d'habitations.
Un ancien cimetière turc (galériens) ainsi qu'une poudrière
existaient alors. Les terrains étaient principalement utilisés
comme jardins et vignobles, les pêcheurs s'adonnaient à
leur activité sur la corniche. Il y avait égalementune
houillère (mine de charbon).
Comme les
alluvions transportés par la rivière eygoutier avaient
tendance à ensabler l'accès à la vielle darse du
port de Toulon, la rivière fut détournée lors de
l'agrandissement de l'arsenal par Colbert en 1680. Le nouveau lit de
la rivière faisait alors le tour des hauteurs du Mourillon pour
aller se jeter non loin du fort Saint Louis.
Au milieu du XVIe siècle, fut bâtie La Grosse Tour
(tour Royale) qui gardait l'entrée de la petite rade.
A
la fin du XVIIe siècle, fut bâtie le fort Saint-Louis,
dont le rôle était de défendre le port contre les
navires ennemis venus du large, Il s'appelait alors fort des Vignettes.
La grande rade se nomme, en effet, rade des Vignettes à cause
des vignes qui étaient plantées le long du littoral depuis
l'époque romaine. En parti détruit lors du siège
de Toulon en 1707, le fort fut reconstruit à l'identique et prit
le nom de fort Saint-Louis.
Le terrain
du Polygone situé à la Mitre sert de terrain d'exercice
pour les marins qui s'entraînent au maniement de la bombarde et
du canon, puis de l'artillerie deMarine au XIXe siècle. Un stand
de tir sera construit au XXe siècle et détruit au milieu
des années 60.
Au
début du XVIIIe siècle,
Les terrains du Mourillon situés du côté de la petite
rade étaient utilisés par la Marine Royale pour le stockage
des boisnécessaires à la construction des vaisseaux de
guerre à l'arsenal de Toulon. En 1845 un grand incendie détruira
les stocks de bois.
A
la fin du XVIIIe siècle,
fut bâtie Le fort Lamalgue ou L'émir Abd El Kader y fut
emprisonné.
Au
milieu du XIXe siècle,
ce n'est qu'avec l'extension du grand arsenal de Toulon au Mourillon,
que le quartier commencera véritablement à prendre forme.
Une ligne de fortification qui partait du fort Lamalgue jusqu'à
la porte d'Italie à Toulon protégeait le quartier. La
porte Bazeilles fut percée dans la muraille en 1873 (actuel rond-point).
Les casernes de l'infanterie et de l'artillerie de Marine seront construites
ainsi que la fameuse tour Carrée située sur les hauteurs
du quartier et qui servait de mess pour les officiers.
L'artère principale du quartier, le boulevard Bazeilles tient
son nom d'une localité des Ardennes non loin de Sedan où
les troupes de Marine, dont le régiment des casernes du Mourillon,
se sont héroïquement battues lors de la guerre de 1870.
Le boulevard Bazeilles, précédemment appelé boulevard
de l'eygoutier a été construit sur l'ancien lit détourné
de la rivière eygoutier. La rue Lamalgue tient son nom de Margo
(La Malgue), des terrains situés sur les hauteurs du Mourillon
où on trouvait les fameuses vignes des vins de Margo qui firent
leur entrée à la cour de Louis XIV.
Avec l'avènement
de l'ère industrielle ce sera la naissance de l'arsenal du Mourillon
où seront édifiées 5 cales de constructionbâties
par les bagnards, puis 2 grandes
cales à structure métallique au début du XXe siècle.
Les premières frégatescuirassées seront construites
au Mourillon ainsi que les premiers sous-marins modernes du monde, le
quartier du Mourillon se développera. Plusieurs entreprises sous
traitantes de l'arsenal seront créées. L'église
Saint Flavien sera édifiée en 1864. La population ouvrière
s'installera autour des artères principales.La Mitre, au bord
de mer, deviendra lequartier des officiers de marine avec ses maisons
cossues, on l'appellera le quartier de la marine. Le jardin d'acclimatation
aux essences ramenées par les multiples expéditions lointaines
sera ouverten 1887. Le tramway fera son apparition dès 1890 pour
emmener les toulonnais jusqu'à la station Sainte-Hélène.
La même année fut construite l'étrange tour en ruine
en haut de la rue du pré-des-pêcheurs.
Au
début du XXe siècle, sera construite la jetée
du port Saint-Louis et l'activité de pêche côtière
se développera. Côté grande rade, les bains de mer
Almeras et Sainte-Hélène ainsi que les bains de mer de
la Source accueilleront les premiersbaigneurs. Côté petite
rade, ce sera les bains de mer du Polygone.
Côté
militaire,
les activités sous-marines se développeront au Mourillon
qui sera utilisé comme base de sous-marins pour la Marine française.
C'est du quai des sous-mariniers que parviendra à s'échapper
le sous-marin Casabianca lors du sabordage de la flotte en 1942. en
1943, le quartier deviendra la cible de violents bombardements L'actuel
quartier du Port Marchand qui abritait les anciens entrepôts de
l'arsenal nord du Mourillon sera pratiquement rasé et le quartier
du Mourillon aura à souffrir des bombes qui s'abattront sur de
très nombreuses maisons du quartier et notamment sur le cinéma
Comdia, l'école Ernest Renan et la poste de la rue Castel.
Après
la guerre,
la Marine cèdera à la ville les terrains de l'arsenal
nord qui deviendront l'actuel quartier du Port Marchand. Les bassins
d'immersion et le chenal seront comblés durant la reconstruction.
Les HLM Bazeilles seront construits au début des années
50. L'église Saint Jean Bosco sera édifiée en 1965.
Dans
les années 60-70, on entame les travaux de construction des grandes
plages artificielles. Ces plages de sable ont été gagnées
sur la mer Auparavant il y avait des criques de galets en contrebas
du boulevard Frédéric Mistral. L'urbanisation de la corniche
modifiera définitivement l'aspect du Mourillon dans les années
80.
Le
Mourillon fut une destination pour des visiteurs de passage comme Claude
Farrère, Alexandre Dumas, Gustave Flaubert ou Jules Michelet.
On y goûte la douceur de vivre, le charme et la beauté
du littoral. En 1936, Jacques Yves Cousteau effectue sa première
plongée expérimentale le long des rochers du Mourillon.
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